Ceci est notre corps, et on t’emmerde.

Mon cher ami,

On a bien compris que t’étais un bon vivant, et oui, parce que la vie la vraie  ça te connait. Toi t’es un fervent défenseur de l’innocence et des valeurs de ce monde. Pardon, de la Nation.

Mais méfie-toi quand t’ouvriras ton armoire le matin en rongeant ton frein parce-que putain Marine, ça urge de fermer les bibliothèques et de renvoyer les femmes à la cave. Méfie-toi, parce que tu regarderas plus ta penderie de la même façon. Et quand t’ auras atteint ton but, le pull tricoté par Mémé, il te siéra plus autant.

Non parce que des meufs confrontées à des connards en treillis comme toi, il  y en a plein les info-kiosques. Mais tu vois, avant de te connaitre je croyais que c’était autant de matière  qui nous permettait de fabriquer de l’avenir. Et oui tu vois, je suis conne moi aussi. J’ai pas compris que ce n’était pas que contre le passé qu’il fallait se battre. Parce que figure-toi que t’es l’avenir des gosses qu’on n’ a pas envie de faire.

J’ai découvert que tu t’étais infiltré partout. A ma table, dans ma rue, au boulot quand j’en trouve un. C’est que tu dois l’aimer ta petite vie pour croire que c’est mieux d’en gâcher deux. Le pire c’est que sur le moment, je me suis dit que j’allais essayer de t’expliquer les circonstances, les accidents, les moments où ça arrive, et puis c’est tout.

Pardon. C’est vrai que dans ton pays, ça devrait plus arriver. Mais devine quoi : on n’a jamais eu besoin de toi pour s’occuper de nos entrailles.

Je te le répète, minuscule petit homme en treillis, méfie-toi. Méfie-toi, parce qu’il y a beaucoup de voix qui dorment. Méfie-toi, parce que ta « bonne  » femme, elle fait peut-être partie des 343.  Méfie-toi, parce que quand tu auras atteint ton but, on sera nombreuses, nous les meufs qui ouvriront nos cabinets, nos cliniques, et même nos caves tiens, pour accueillir toutes ces filles et ces femmes coupables, et nous avec. Et t’inquiètes pas, ce « confort » qui t’obsède, on l’aura au centuple. On est au XXIème siècle. Méfie-toi, parce-que nous aussi, on est partout.

On va te le faire bouffer, ton petit treillis.

 

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