CMB (minute n°13/13)

Ma grand-mère m’a dit l’autre jour :

« Ha mais, si c’est offert, c’est que c’est nul. »

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Depuis quelque temps, une série de meurtres à caractère rituel terrorise les Londoniens. Le point commun des victimes : une fâcheuse tendance à persécuter leur entourage. Pour l’inspecteur Edward Newson, cette enquête revêt une importance particulière. Petit, rouquin, il est le plus jeune du service et se trouve régulièrement en butte aux moqueries et aux quolibets. Tandis que la liste des meurtres s’allonge, le tueur se rapproche étrangement des anciens copains de classe de Newson. Ce dernier plonge alors dans ses propres souvenirs – ceux de la promo 86 de l’école de Shalford. Peu à peu Newson exhume les secrets de ses anciens camarades… Les haines, les maltraitances et les souffrances dissimulées. Des collèges anglais aux mœurs impitoyables aux rues de Londres où rôde la mort, un roman noir brillant, doublé d’une critique corrosive et cinglante de la société britannique…

Voilà. Aujourd’hui on est le 13, et en plus c’est vendredi. Du coup j’utilise cette excuse pour vous parler d’un truc d’adulte. Comme les vendredi 13 ne troupeauttes pas dans le calendrier, je devrais sauter sur l’occasion pour vous parler de tas de trucs fantastiques pour les grand-es dont je ne peux pas parler ici parce qu’ici ça parle des petit-es (à par les vendredis 13, donc, et certaines Minutes !, mais Minutes!, c’est jamais 18+).  Mais non ami-es, NON !! Je n’ai pas souffert le martyr pour ne point vous en faire profiter.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les sombres bouses sont souvent primées (j’espère que vous me pardonnerez la soudaine subtilité qui m’habite). c’est le cas d‘Amitiés mortelles, donc elles vont inaugurer mon premier vendredi 13.

Les seins de Christine avaient bien poussé, aucun doute à ce sujet.

Fichtre, que ce fut pénible à lire. Comme indiqué dans le résumé,  Ed Newson est un pauvre type dont la vie est traversée par de nombreuses femmes qu’il désire « posséder », mais qui préfèrent « appartenir » à d’autres hommes plus musclés et moins roux (les salopes).  Du coup, il passe sont temps à se tripoter la nouille (mentalement et physiquement, cela va sans dire) en décortiquant la moindre femelle qui passe à sa portée. A commencer par Natasha, son brigadier, dont il est secrètement « amoureux ». L’amour pour Ed étant synonyme de sexe, de seins, de jambes athlétiques, de seins, de fesses, et de seins. Mais bon, Ed n’a pas qu’une B., il a aussi un cœur, du coup il est très indulgent et aime bien aussi l’écouter, son brigadier. Même que les tirades qu’en temps normal il trouve « puériles » dans la bouche d’autres créatures de sexe féminin, il trouve ça « charmant » chez elle. Ben oui, elle est conne  mais elle est bonne.

… {des jambes]minces, presque maigres, mais à quatorze ans la maigreur est charmante, et celle de Christine était très, très charmante.

Bref, Edward est à la boucherie, il découpe les meufs en quartier et en chouinant . D’ailleurs, contrairement à ce qu’indique le résumé, il ne se rend pas sur le réseau social de son ancien établissement suite aux évènements de l’enquête. C’est simplement parce qu’il ne peux pas pécho son brigadier, et du coup tente par dépits de reprendre contact avec Christine, une ancienne source de  fantasme lubrique. Il se prend même à rêver d’elle portant encore les bottes de fée de ses quatorze ans…

J’imagine que le caractère profondément pathétique du personnage est censé donner une excuse à l’auteur pour ranger les femmes par catégorie de bidoche ( ce qui est une excuse aussi intelligente que celle qui consiste à faire souffrir des femmes pour rendre un méchant méchant). Oui oui,  CATEGORIE, comme dans « Helen est sexy dans le genre féministe (what??), mais elle ne joue pas dans la même CATEGORIE que Christine ».  Sauf qu’aucune protagoniste ne donne le change. Les femmes sont soit futiles, soit  à la ramasse, soit  manipulées soit, plus simplement, mortes.  Et n’allez pas croire que ce menu détail va détourner Edward de toute cette chair pas fraîche. Mister Newson va  jusqu’à évaluer le corps mort d’une adolescente (oui oui, une enfant, quoi), le jugeant « parfait » (sic) malgré les blessures qu’on lui a infligé aux poignets. Ouah, la classe. J’ai  envie de vomir, pas vous ?

[…] elle a une vie pas simple, pas facile, et je pense qu’elle a cru l’espace d’un moment que me retrouver allait lui apporter des solutions.

-Et vous, vous ne vouliez qu’un plan cul.

-Exactement.

Alors bien sûr, comme au fur et à mesure de l’intrigue, monsieur l’inspecteur devient vachement sérieux et empathique (holala, la pauvre, c’est triste de la voir morte avec ses gros seins refaits),  on fini par découvrir que ho ben tiens, même si c’est  un claquedent de la meuf, en vrai elles le désir(ai)ent toutes en secret. Cela va de soi. Il fallait bien caser deux ou trois scènes de cul, quand même. Par contre, potentielles lectrices, je vous préviens. Si vous avez des goûts en matière de sexe qui sortent de l’ordinaire, c’est que vous êtes de vilaines  désaxées. Ce qui n’empêchera Newson ni d’en profiter, ni de vous juger ensuite du haut de sa toute puissance d’homme qui se respecte « lui même » Et puis c’est jamais sa faute, et puis il a pas besoin de ça, qu’il explique d’ailleurs à la pauvre Helen qui pratique l’automutilation chez lui par désespoir.

Si tu te vois comme une victime, les sales types sentiront ta faiblesse et te traiteront comme une victime.

Tiens, parlons-en de l’estime de soi.  Car Ed Newson n’est pas seulement un homme fantastique qui s’ignore, jalousé des uns et désiré des autres. Il est aussi très  fin psychologue et en connais un rayon sur la vie la vraie. En témoigne la conclusion générale fantastique que je résumerai comme suit :

« les bourreaux sont des êtres humains comme tout le monde. Si ta vie est foutue parce qu’on t’as forcé à avaler un tampax  quand tu étais au  lycée, c’est que tu n’a pas d’estime envers toi même. »

Hey, what else ?

Peut être ce passage fantastique ou Ben Elton explique très sérieusement qu’il est contre la peine de mort. Avant de fracasser le crâne du méchant à coup de batte. Ben oui.

Il faut toujours écouter sa mamie.

 

Amitiés Mortelles, Ben Elton,2007 chez Belfond/ Le livre de  poche.

Le Gif est tiré d’une scène de Donnie Darko

 

 

 

 

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