Recherche Thelma désespérément

Avez-vous déjà vu cette femme dans le train, celle qui pince sa belle enfant quand elle pense que nul-le ne la voit, qui lui crache de l’acide en chuchotant puisque tout dans cette enfant est brûlure sur sa peau ?

Ses questions innocentes et aigrelettes, ses pieds qui s’obstinent à bouger, ce cœur de deux ans qui ne cesse de palpiter… Peut être ne l’a-t-elle jamais supportée, cette bébée à voix et à gestes, peut-être a-t-elle toujours voulu l’oblitérer, combien de chanceuses se connaissent à l’avance et s’écartent du chemin des enfants  ?

Assis. ASSIS. SAGE

L’avez-vous déjà vu cette femme, sans que vous ne puissiez savoir si c’est de l’épuisement ou de la maltraitance, celle qui vous fait changer de place parce que vous ne supportez plus ses crachats, celle que vous avez côtoyée il y a quelques mois mais que miracle, mais quel miracle, vous n’êtes pas devenue ?

Putain tu fais chier. Tu me fais chier. Arrête. ARRRÊTE.

Celle que son enfant écorche au moindre soupir, et dont la cruauté vous noue la gorge et visse les larmes, celle dont  le visage, quand vous tentez de lui parler – car toujours, toujours, vous défendez la mère en premier – est creusé par la haine, mais se lisse alors sous un sourire de faïence ?

L’avez-vous vu écraser ce même visage lacéré contre les petites mèches blondes, forcer ce faux câlin qui est une camisole,

Allonge toi. ALLONGE TOI. ALLONGE TOI

lui ordonner de « faire dans la couche » parce qu’elle ne veut pas l’emmener aux toilettes, l’interdire de boire pendant une heure ?

Avez-vous entendu ces consonnes qui roulent dans la gorge un peu trop longtemps, ces phrases trop courtes et qui claquent, ces tics nerveux qui dévorent sa langue de rage, ses soupirs agacés parce qu’il y a des « fleu’rs » sur la voie ?

TAIS-TOI

Avez-vous entendu le silence

Qui précède les petits pleurs de douleur ?

Et vu le câlin compulsif qui s’ensuit ?

« holala… maman… »

Et qu’avez-vous fait ?

Tristesse d’entendre la belle enfant se réjouir, comme si de rien n’était, du train qui prend de la vitesse.

« …ouaou ! »

Soulagement de savoir qu’au bout du chemin, c’est Mamie qui l’attend.

Voyage Voyage, l’enfer pour la mère, quatre heures de torture pour la fille, toute petite qui avant de savoir vraiment parler sait déjà comment supplier.

Femme épuisée ou maman cruelle par pitié, dis-moi que tu es partie pour te libérer de ton enfant.

Tu dis au revoir, Louise ?

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.