Fleurus T.0 : la Rose et le Chou

J’ai un problème avec les éditions fleurus.

Précision : il s’agit de la collection Fleurus, et non du groupe, qui englobe également Rustica, Mango et Mame. Le groupe Fleurus propose un vaste catalogue de titres sur trois catégories:  jeunesse, pratique et spiritualité. Leurs ouvrages pratiques, surtout en loisirs créatifs, sont pour la plupart très bien. Sur le plan « technique », le catalogue spiritualité est également bien fichu, mais je reste peu familière du domaine.

Ca, c’est fait.

La collection fleurus donc. La « marque » Fleurus, devrais-je dire, puisque c’est le fantastique terme employé sur leur non moins sympathique site internet.

Fleurus, c’est ça :

 

 

Haaaa… Tellement de grains à moudre m’offre cette délicate estampille. Tant de collections charmantes et scandaleuses forment ses rangs . Bon, soyons honnête, il y a de bonnes choses. Disons, de bonnes choses dans un grand cornet, comme disent nos amis les nancéiens, à côté d’un plus gros sac en plastique non recyclable. Enfin, de deux sacs : un rose, et un bleu. Parce que faut pas déconner.

Car c’est ça, le fonctionnement de base chez Fleurus. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre et surtout, SURTOUT, on ne mélange pas. Jamais.

Vous vouliez que votre enfant se construise de lui même au delà du dictat de l’identité genrée ? Ou simplement qu’il profite d’histoires où filles et garçons marcheraient main dans la main et sur un pied d’égalité ?

Mais vous n’y pensez pas ?!

J’ai entendu dire un peu trop souvent qu’avant un certain âge, ce n’est « pas grave de mélanger » . Il me semblait qu’après un certain âge non plus, mais bon. Proposer un titre dont le héros est un (petit) garçon pour une petite fille sera pourtant beaucoup mieux toléré que l’inverse… apparemment, un petit garçon qui s’identifie à une héroïne, ça ne se fait pas, madame. Pardon, mademoiselle.

Mais qu’on se rassure, Fleurus veille au grain, car il a tout prévu, du bébé au/à la moutard/e  galopant/e.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, vous trouverez des albums bébé pour les filles (rose) et pour les garçons (bleu), des histoires à raconter « pour mes 1 an » mais que pour les filles, et l’équivalent, que pour les garçons, des trucs à lire que avec papa et d’autres que avec maman (oui bon, ça peut se justifier, mais pas dans ce sens là…), des activités merveilleuses pour les garçons et féériques pour les filles… et cetera et cetera. Qu’on sépare chevaliers et princesses, soit, ça n’empêche pas la/le marmot-te de tout poil de lire en fonction de ses goûts. La séparation par sexe non plus c’est certain, mais c’est quand même assez rédhibitoire, en particulier pour des parents un peu gênés par les chartes graphiques imposées pour l’occasion. Et ce sont bien souvent les parents (au sens large) et amis qui choisissent, du moins jusqu’à un certain âge. Bon, il y a des stades où filles et garçons cherchent à s’affirmer en tant qu’individu. Cette affirmation peut parfois passer par le genre. Mais est-ce que c’est à ces foutus albums, voire à la littérature en général, de décider… ? Et si une catégorisation est à ce point indispensable, pourquoi ne pas privilégier un classement tout simplement  thématique?

Voilà, en résumé, la politique globale de chez Fleurus. Bien sûr il y a  des exceptions, mais les titres dissonants, façonnés dans la glaise des clichés sexistes, sont tellement nombreux qu’ils en occultent presque tout le reste . Et quand le contenu en lui même s’avère de qualité , la division fille-garçon fait tache.

Et ça ne s’arrête pas là puisque l’éditeur, pardon la marque nous régale de  collections vantant les principes d’éducations les plus oppressifs qu’il m’ait été donné de rencontrer depuis les délicieux livres de  notre vénérable ancêtre Martine. Vous imaginez donc comme c’est difficile de choisir de quoi parler en premier tant les possibilités sont vastes. Mais toujours est-il qu’un choix il fallut faire et que donc le choix fut  fait. Le reste suivra .

 

Vous connaissez la collections Ptits Garçons, un très gros succès en librairie doublé d’une impossibilité d’emprunt à la bibliothèque ? Vous pensez que cette collection est cool et ne pose aucun problème moral à qui s’en porte acquéreur ?

Alors ne manquez pas le premier épisode de la saga Fleurus…

Une fois n’est pas coutume, un petit post scriptum un peu gratuit parce que je ne connais pas ce livre:

J’adore cette couverture parce qu’à force de se cogner du Fleurus,  en voyant ça on a envie d’ajouter un petit post-it coup de coeur avec un slogan de soutien:

« Alors surtout reste-en un ! »

Notez le bouclier de guerre et la couronne de roi.

Comme quoi même si le logo est joli, on devrait toujours regarder attentivement les deux premières lettres.

 

 

 

 

 

 

A suivre: un truc sympa, pour changer

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