Minute n°1: Run Girl Run

Oui c’est sûr, ça ne rentre pas tout à fait dans mon sujet, je sors de mon corpus, je marche à côté de la voie ferrée, je pisse par-dessus la cuvette (mais c’est parce que je n’ai toujours pas acquis de pisse-debout) bref, je m’égare. Mais en fait pas tant que ça, puisque ce que  je m’apprête à vous montrer (mais vous l’avez probablement déjà vu) est à destination des 15-25 ans. Des meufs, en plus. Et puis si vous saviez tout ce que j’ai envie de dire sur La colline à des Yeux 2 et Splice, vous seriez indulgent-es face à ce petit écart comme vous l’êtes pour mes fautes d’orthographe.

Figurez vous.

Pour faire court, Lolita Lempicka s’est associé à  Yohann Lemoine et à son ami imaginaire Woodkid pour leur nouvelle pub.  Oui parce que les médias auront beau s’ébahir devant la qualité artistique du truc, ça reste une pub, là. (ce qui ne remet pas en cause le caractère artistique de certains courts publicitesques mais celle là, j’ai pas envie.) La chose a été commanditée/produite par l’agence BETC (tout ça pour dire que L’ami Lemoine n’est peut être pas entièrement responsable…?), et met en scène Elle Fanning qui n’a de coupable que d’avoir l’air d’une adulte étant gamine et d’une gamine maintenant (presque) adulte. Angoissant.

Bref donc, le « très beau film » (Ozap.com) nous laisse observer la petite sotte qui court dans la forêt et se roule dans les arbres. C’est pas très finaud mais bon. Figurez vous que c’est pour symboliser les émois liés à la naissance du désir. Déjà, je m’interroge, le désir de qui? Les oeillades suggestives, la caméra qui suit, il me semble qu’à moins qu’il n’y ait dédoublement de personnalité quelque part, le désir de la demoiselle n’est (comme d’habitude) pas celui exprimé par la caméra. Mais bon, c’est pas parce qu’on est une jeune fille qu’on n’ a pas le droit de draguer. On retrouve en parallèle toute la mythologie poisseuse de la pureté, de l’innocence et de la nature, mélangée à une petite dose d’érotisme béta. Lolita, quoi. Et là, on en vient à la symbolique du désir non plus érotique mais sexuel: le beau grand cerf bien costaud, bien viril, le mâle alpha qui sent bon la forêt et qui joue à paf la biche après paf le mâle zeta. Mesdamoiseaux, si vous êtes du genre à offrir un verre avant, passez votre chemin.

Donc l’idiote se pâme et son comportement combatif préalable s’évanouit au profit du calînou cervidesque tout choupi, holala  un mâle un vrai, voilà qui va révéler ma douceur naturelle de petit être, au fond, si fragile. Et les bois dans tout ça ? Et bien comme d’habitude, l’honnête citoyen-ne est rassuré-e d’emblée: elle ne faisait que jouer, la petite. Les bois, les vrais, c’est le mâle qui les as.

Vous savez, celui qui l’a calmée.

Je vous laisse savourer.

Ps: c’est dommage, quand même. Et puis j’aime bien les cerfs.


Minute, la rubrique consacrée au pétulant pinaillage à chaud

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