Minute n°2: Les jeunes, les livres, et tout et tout

En début de semaine, le magazine people du 20 h sur TF1 nous a proposé deux sujets sur la lecture et les pisseux-ses.

Le premier concernait les résultats  des  études menées à propos des jeunes et de la lecture : qui lit quoi, à quelle fréquence, avec quelle évolution. Difficile bien sûr, sans avoir l’étude complète en main, de savoir si ce sont les rapporteurs du résultat où les chercheurs eux-mêmes  qui se sont piégés dans une interprétation restrictive de leur sujet.  Car si l’ intitulé propose un objet de recherche assez vaste, encore une fois les résultats ont été rendus à travers le prisme d’une norme implicite: la lecture, c’est le support livre. Bref.

Sur tf1 donc, l’accent a été mis sur les différences d’ habitudes constatées entre filles et garçons. Tandis que les filles se complaisent dans le plaisir de lire et font dégueuler d’angoisse les cryptes de nos aïeux  qui hurlaient à la dépravation mentale dès lors que la demoiselle de la maison ouvrait un roman, les garçons, eux, poussent une autre chansonnette. Car le mometon, il n’assume pas. Quand on lui parle de ce qu’il lit (ou pas), il baisse les yeux, sourit d’un air  tout contrit, et récite bien sagement la liste de tous les clichés sexistes qui composent l’image social du « vrai garçon ». On aurait tort de penser qu’il restitue là une partition transmise par ses parents seuls: la mélodie peut surtout être issue de l’entourage direct ou indirect, des médias, du marketing, etc… Cette crainte de ne pas coller à ce « vrai garçon »  hétérocentré (grand dieu !), qui ne lit pas, est analysé par le seul prisme de l’opposition à un modèle féminin perçu comme négatif (il est d’ailleurs dommage que l’opposition masculin-féminin  soit la seule piste proposée. C’est néanmoins une analyse qui ne peut effectivement être ignorée).  On ne peut que s’interroger encore et encore : pourquoi ce modèle féminin est-il à l’origine perçu comme négatif? Et à quoi correspond-il, si ce n’ est à une image normative factice, construite par plusieurs siècles d’éducation « phallocentrée »? Le « féminin », à l’instar du « vrai garçon », existe-il réellement?

Le second sujet était donc complémentaire, puisqu’il présentait  l’initiative d’une crèche proposant aux enfants une palette d’activités sans distinction de sexe. Le choix des livres a été déterminant pour les éducatrices qui par ce biais affirment leur postulat: c’est l’individu, avant la fille ou le garçon, qui doit compter. Et ce sans chercher à gommer les particularités de chacun-e. Malheureusement, la continuité n’est pas assurée par l’école à proximité.

Au fil de reportages même très succins, on peut voir se dessiner la nécessité d’agir à tous les niveaux et à tous les âges pour couper court à la transmission et l’intériorisation de principes discriminants. Un livre qui semble finalement bien inoffensif, s’il véhicule même une infime part de ces principes, mérite qu’on pinaille et qu’on le mette aux rebuts, au moins pour un temps, au moins jusqu’à ce que l’enfant sache de lui-d’elle même écarter les détails qui ne correspondent pas à une société juste, égalitaire.

à suivre enfin, la suite de la Saga Fleurus: Princesse Parfaite et Petit Ange Parfait

 

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