Minute n°6 : Expo corps de la mode + historien qui relativise

Bon,  je suis d’humeur grognonne,  mais promis promis,  ce sont les livres Jeunesse qui sont ma priorité. Cela dit je ne pouvais quand même pas passer à côté de Monsieur Georges Vigarello, historien du corps. Que les choses soient claires, je n’ai jamais lu les travaux de Monsieur Georges Vigarello, historien du corps. Je tâcherai de rattraper ça au plus vite. Je ne cherche pas non plus à relativiser les souffrances passées,  mais ça,  ça me semble plus qu’ évident.  Je ne juge pas non plus Monsieur Georges Vigarello, historien du corps par rapport à cette seule et unique assertion  audible ci-dessous.

Et puis en fait si, parce que la minute, c’est fait pour ça.

Quelques jours plus tôt…

A l’occasion de l’exposition Mannequin, corps de la mode  où je crois qu’il serait bon d’emmener les mouflet-tes, le Magazine de la Santé du 08 Avril nous propose un petit reportage récapitulatif. La journaliste y retrace chronologiquement les divers outrages subits par les femmes au gré de la mode et des normes. Le tout est entrecoupé d’interventions de la commissaire d’expo, Sylvie Lecallier, qui a quand même beaucoup de choses intéressantes à dire. C’est très motivant et ça donne envie d’habiter vers Paris.

Mais c’est alors….

Besoin de crédit historique, soucis de parité ? Voilà que déboule Monsieur Georges Vigarello, historien du corps. Il nous déballe aussi un truc intéressant. On arrive finalement aux années 2000 et au delirium infographiques, puis à la conclusion du reportage.  Étrangement, c’est à Monsieur Georges Vigarello historien du corps que revient cette dernière.   Faut-il y voir l’effet du hasard ou la patte velue du rédac chef  Benoit Thevenet, macho comme un tronc d’arbre ? Toujours est-il que c’est un homme a priori sans lien direct avec le projet qui va répondre à la question finale : nos corps vivent-ils encore en dictature ?

Et alors là, je vous le dis, une réponse comme ça, ça ne fait pas que s’entendre, ça se vit. Je vous invite à vous rendre à la 32,25 ième minute pour le début du reportage, à la 36ème pour la question.

Alors, qu’en est-il de la chirurgie esthétique, des régimes toxiques, des talons qui grimpent et des dos qui craquent, des injections à répétitions ? Quid de l’oppression virtuelle qui contraint le réel  ? Êtes-vous bien sûr, monsieur Georges Vigarello historien du corps, que le sang des femmes n’est pas tout autant répandu ? Et ce sensiblement pour les mêmes raisons qu’il y a un siècle ? Sans doute oubliez vous qu’ il existe  également des milliers de façons de contraindre l’âme au sang. Mais peut être que ça ne suffit pas pour vous. Il me semble pourtant que nous nous situons très exactement dans ce pic répressif et normatif que, vous,  Monsieur Georges Vigarello historien du corps, vous décrivez si bien.

Petit sourire-entendu-haussement-de-sourcil-indulgent-voyons-mademoiselle, relativisez,  relativisez ! Dans le fond, vous n’avez pas à vous plaindre ! C’est un historien du corps qui vous le dit, alors…

 

 

Mannequin : Le corps de la Mode (16 février – 19 mai 2013)  – Les Docks, cité de la Mode et du Design, 34 quai D’austerlitz Paris 13ème

 

6 réponses

  1. Ca donne des envies de prendre un vieux historien par les épaules et de le secouer fortement en grondant : « Voyons monsieur, mais vous êtes trop ridé pour passer à la télé !!! »

    • héhé, j’y ai pensé en l’écrivant, je trouve que les arbres sont merveilleux des racines au ciel, en vrai. C’est un acte de paresse que de dire tronc plutôt que d’euphémiser avec « un poil macho »…

  2. J’ai lu une partie des Métamorphoses du Gras, y a des trucs intéressants dedans, mais je l’ai pas lu en profondeur pour voir si c’était problématique ou quoi que ce soit. Toujours intéressant !

    • Comme quoi, le monde de l’écrit est petit, j’avais ce livre sur ma longue liste de non-lu, il semble effectivement très intéressant ! Merci pour vos commentaires.

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